Mascouche en fumait du bon!

Publié le 2 octobre 2019 par François Tétreault
dans Culture

  • Partagez cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • Twitter
  • Email

Pour ce nouveau billet de blogue, j’ai décidé de vous parler d’un sujet dont on parle aujourd’hui avec de grandes précautions, des mises en garde et beaucoup de prudence; et avec raison! J’ai décidé de vous parler du tabac. Je vous l’avoue, j’ai ce défaut : j’aime, à mes heures, sortir ma pipe en bois de bruyère, la bourrer d’un tabac Cavendish ou Burley et d’en inhaler les effluves odorants. Ceci dit, je n’encourage nullement cette pratique qui met la santé à risque. Mais saviez-vous que Mascouche, comme bien d’autres villes de Lanaudière, était jadis reconnue pour ses tabacs de qualité?

Dans le journal L’Action populaire du 16 août 1961, on lit que la paroisse de Mascouche arrive au troisième rang des villes lanaudoises pour l’importance de la tabaculture. On y apprend aussi qu’en 1953, l’industrie du tabac arrive presqu’à égalité avec l’industrie laitière avec ses 458 arpents de culture à Mascouche. Dans le journal L’Ordre du 15 mars 1934, on décrit même Mascouche comme étant le « pays du tabac et des torquettes » (les torquettes étant des rouleaux de tabac à chiquer). Le 26 février 1924, la paroisse de Saint-Henri de Mascouche recevait sur son sol l’exposition annuelle de l’Association des Planteurs de tabacs du comté de l’Assomption. Lors de cette exposition, les tabacs mascouchois se démarquent et le premier prix de la catégorie « Tabac Blue Prior, White berley » va a à Jos Guilbault de Mascouche et des tabacs de notre ville se classent dans presque toutes les autres catégories. Il est bon d’ajouter ici que Mascouche était reconnue pour la culture du tabac à pipe à cause de la composition de ses terres.


Vue de l’intérieur de la « shop à tabac » Duval et Frères. Photo : Ville de Mascouche/Fonds Huguette Lévesque Lamoureux

Beaucoup de cultivateurs de Mascouche avaient des plants de tabac pour leur consommation personnelle et certains d’entre eux jouissaient d’une belle reconnaissance. C’est le cas notamment de la compagnie Duval et Frères, spécialisée dans l’empaquetage du tabac, fondée en 1924 par Roméo Duval. Au décès de ce dernier, la compagnie sera reprise par son frère Hormidas Duval qui impliquera aussi son jeune fils André dans le commerce. Le tabac Duval et Frères est reconnu et on le vend notamment au marché Bonsecours à Montréal, juste à côté de la colonne Nelson. On raconte que les fumeurs de pipe les plus connaisseurs, tels le chanteur et acteur québécois Ovila Légaré et le Cardinal Léger, recherchaient ce fameux tabac de Mascouche! Louis Duval, le fils d’André Duval, me racontait que Duval et Frères était situé à l’emplacement actuel du restaurant Omertà, coin Longpré et chemin Sainte-Marie. D’ailleurs, les terres de part et d’autre du chemin Sainte-Marie appartenaient aux Duval qui y cultivaient le tabac.


André Lamoureux, travaillant à empaqueter le tabac de Duval et Frères. Photo : Ville de Mascouche/Fonds Huguette Lévesque Lamoureux

Mais les Duval sont loin d’être les seuls à avoir fait commerce du tabac à Mascouche. J’ai évoqué précédemment Jos Guilbault, mais je pourrais aussi nommer Josaphat Roch, Jos Raymond, Ernest Bourgoin, la compagnie Dupuis Frères ou Dyonis Chaput. Ce dernier cultivait d’ailleurs son tabac sur la terre adjacente au collège La Mennais. Bref, vous comprenez que l’industrie du tabac, aujourd’hui quasiment disparue sur le territoire lanaudois, a contribué à la santé économique de Mascouche. Une époque révolue, mais ô combien riche en histoire et en anecdotes!


En arrière-plan, on aperçoit le camion de livraison de Duval et Frères au marché Bonsecours dans le Vieux-Montréal, juste au pied de la colonne Nelson, en 1953. Photo : BAnQ, Fonds Armour Landry. P97,S1,D15720-15721

* Photo de couverture du billet : Ville de Mascouche/Fonds Huguette Lévesque Lamoureux

François Tétreault

Le passionné de culture et de patrimoine

Partagez cet article

Commentaires

Articles suggérés

L’art de ma tante Sylvie

Découvrir l’âge d’un arbre; ce fut l’activité inattendue réalisée avec la marmaille lors de notre dernière balade en forêt. Quelle ne fut pas ma surprise d’entendre mon plus grand me demander d’aller mesurer des arbres! Du haut de mes cinq pieds, j’ai dû trouver une autre manière d’échanger sur la taille des arbres avec mes progénitures.

Lire

Publié le 18 décembre 2019 par Cynthia Lemieux
dans Environnement, Plein air

Être une « fit mom » à Mascouche

Mascouche est une ville familiale en plein essor où il fait bon vivre. Plusieurs nouvelles familles s’installent dans cette ville puisqu’elles y retrouvent non seulement tout ce dont elles ont besoin, mais aussi parce que le bien-être et l’activité physique occupent une place très importante au cœur de Mascouche.

Lire

Publié le 11 décembre 2019 par Joëlle Pilote
dans Bien-être, Plein air, Sport